Réflexion

Qui êtes-vous ?

Je remarque bien souvent que la plupart des gens ne savent pas qui ils sont. Êtes-vous un homme, une femme (ou autre) ? Êtes-vous employé, cadre, une personne au chômage, un bénévole, quelqu’un de bien, quelqu’un qui s’en fou, quelqu’un de motivé, joyeux, drôle, frustré, matérialiste, malade chronique… ? A quoi vous identifiez-vous ? Parce qu’en réalité, vous pouvez bien perdre votre travail, votre statut social, vos compétences, votre motivation, vos qualités, être touché par la maladie… vous serrez toujours là. Vous.
Pour moi cette question est importante. Car notre cerveau s’adapte en fonction des informations qu’il reçoit. Par exemple, votre statut social : la société nous dicte une ligne de conduite stricte : être parfait, gagner de l’argent, avoir une maison, des enfants, être bien vu de ses collègues, de ses amis, bref, être un individu idéal. C’est chouette ça, non ? Briller en société. Passez des moments agréables, s’amuser, le partager sur les réseaux sociaux, en profiter, être bien vu de tous. Et pourtant, est-ce suffisant ? N’y a-t-il pas au fin fond de votre cerveau une petite voix qui vous dit « C’est très bien tous ça, mais… « . Parfois vous ressentez que vous aspirez à autre chose mais vous n’avez pas le temps pour ça. La plupart du temps, votre cerveau se cale sur le plus évident : être ce que la société attend de vous. Et le pouvoir de votre cerveau est phénoménal, vous n’imaginez pas à quel point. Il bloque certaines choses ou parfois une simple phrase peut transformer votre comportement.

C’est pour cette raison que j’écris cet article. Parce que j’ai subitement changé de direction. J’ai assisté à ma propre métamorphose parce que j’ai cherché à comprendre une seule et unique chose : qui suis-je ? Et c’est c’est expérience que j’aimerais partager avec vous.

J’étais Christelle. 30 ans, intégratrice web, je travaillais dans une entreprise sur un projet que je détestais (pour un club de football dont je me fiche éperdument). Chaque jour je traînais les pieds pour me rendre au travail, pour corriger des bugs toute la journée, pour dire AMEN à un client capricieux (hé oui, il a le droit de l’être, il paye !). Je rentrais chez moi épuisée, tant psychologiquement que physiquement. Mes soirées se résumaient à manger et dormir. D’ailleurs, pour manger, je mangeais beaucoup. J’ai pris 10 kg en un an. Je n’étais pas bien et je compensais comme ça, par le seul plaisir de la nourriture. J’étais aussi bénévole en association et aider les autres était très important pour moi. Donner de ma personne, participer à la bonne cause. Oui mais voilà, un jour, tout ça m’a dépassé. Je me suis enlisée dans une situation que je ne maîtrisais plus. Et le pire c’est que je ne l’ai jamais vu venir. Alors j’étais presque parfaite : je faisais le bien, j’étais une super héroïne et je sauvais des vies. Des vies animales mais des vies tout de même, à mon échelle. Et je me suis retrouvée au bord de l’explosion psychologique. Mon corps a commencé à déconner : maladies chroniques aggravées, malaises, insomnies… Alors j’ai pris une semaine de vacances. De vraies vacances. Pas celles où je suis en vacances du boulot mais où je continue à courir partout. Non, des vacances de tout. Une pause pour mon cerveau. Un temps mort. Une semaine figée dans le temps, à me préoccuper d’une seule chose : MOI.

J’ai commencé par dormir beaucoup. J’en avais bien besoin. Puis j’ai joué aux jeux vidéos et particulièrement à Detroit: become human (à qui j’ai consacré un article). Déconnectée de tout, je n’ai pas compris tout de suite la chance que j’ai eu de tomber sur ce jeu. Il portait un message fort sur l’identité et la conscience. « Je suis vivant ». Mais alors ? Une machine peut être vivante ? Comme moi ? Mais moi, au fait… Je suis vivante ?
Je me suis sérieusement penchée sur le sujet. Parce que cette pensée a commencé à prendre beaucoup d’espace dans mon cerveau. Je suis vivante ? Ça veut dire que je suis consciente ? Comment donner cette conscience à une machine ? Pour répondre à cette question, il fallait déjà savoir : qu’est-ce que la conscience ? Je me suis documentée à ce sujet et je suis tombée sur une conférence très intéressante dont la phrase finale a raisonné en moi comme un coup de poing : « nous pourrons un jour donner une conscience aux machines, car ce n’est rien de plus que ce que nous sommes ».

Ça alors ? Nous sommes des machines ? Pourtant, mon cerveau cherchait encore. Alors j’ai regardé scientifiquement ce qu’étais la conscience, je n’ai pas compris grand chose à mon niveau à part qu’elle se créé par une connexion et une chimie complexe dans le cerveau. Alors j’ai exploré. Je me suis observée avec autant de distance que possible : mon cheminement de pensées qui ne cesse de bouger, c’est ça ma conscience ? Un arrière plan qui voit et interprète tout, là, derrière mes pensées ?

Le lundi j’ai repris le travail avec une étrange sensation. J’avais sans doute fait 50% du chemin vers ma véritable identité. Je me suis renseignée sur l’égo, lui qui fait tout pour nous protéger de ce monde si cruel. J’ai vite compris que lui, il fallait le recadrer tout de suite. L’empêcher de diriger nos actions et notre vie. Et puis j’ai continuer à observer mon cheminement de pensées. Et à un instant, j’ai compris. J’ai compris que depuis tout ce temps, j’avais endossé le costume de Christelle. Mon cerveau s’était plié de lui même, dans les rails, il n’avait qu’à suivre cette route toute tracée. Tracée par la société, par mes expériences, par ma génétique. Et j’ai accepté de porter ce rôle de Christelle, mais cette fois-ci, j’ai décidé de prendre conscience que ce n’était qu’un rôle. J’ai décidé d’être ma conscience, non pas la personne manipulée par les lois de la société. Et tout naturellement, je me suis sentie apaisée. J’étais MOI. Juste moi, et non pas un individu en quête de reconnaissance sociale, pas une femme inquiète de l’opinion des autres, pas une femme stressée par son travail. Non rien de tout ça. J’étais moi, maître de mes actions, de ma vie, de mes choix.
Je vous parlais de la puissance du cerveau ce n’est pas pour rien. Parce que quand j’ai pris conscience de qui j’étais, mon comportement s’est aligné naturellement avec mes pensées. Et moi, sous ce costume de Christelle, j’ai du prendre une distance si grande que plus rien ne m’atteignait : le regard des autres, les réflexions, le travail… Non, tout ça ce n’était plus grand chose finalement. Moi je voulais écrire depuis que j’avais 14 ans. Pourquoi je m’en suis rappelé soudain ? Le principal : prendre soin de l’être que je suis. Alors tout naturellement, mon comportement a changé. J’ai arrêté de manger à outrance… en 3 mois, j’ai perdu ces 13 kg en trop. Aujourd’hui, mon poids est stable, naturellement. Je ne me force plus quand je n’ai plus envie, je mange quand j’ai faim. Et bien sûr, je me suis remise à écrire. J’ai balayé avec une facilité presque effrayante ma vie d’avant. J’ai senti que j’étais en train de changer et c’était positif.

Croyez-moi, au fond de vous, il y a une voix qui n’attend que de vous révéler ce que vous êtes et ce que vous voulez être. La plupart du temps, nous évoluons sans nous en rendre compte, sous une pression constante : celle de la société. Et c’est tellement plus simple de se plier à ses consignes que nous faisons taire tout le reste. Nous faisons taire nos rêves, nos aspirations profondes, au profit de la facilité et du confort. C’est seulement quand nous sommes obligés de nous arrêter, de déconnecter, que nous en prenons conscience.

Malheureusement je n’ai pas de recette miracle pour vous conduire à votre vous. Simplement, prenez le temps d’écouter votre voix. Soyez patient, ne la rejetez pas trop vite. Elle sait ce qui est le mieux pour vous. Ecoutez-la et tout le reste suivra.

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